Lettre à ma banque

Madame, Monsieur,

Entre le compte de mon entreprise  et mes deux comptes personnels, vous m’avez facturé et prélevé au mois d’août et septembre des frais de « Lettre info chèque » et des « commissions d’intervention » dont vous trouverez le détail ci-après [–]. Ce qui représente 161.70 €.

J’ai actuellement une retraite d’à peine 1000 €. Pour l’améliorer je continue de travailler en tant que conseiller et, grâce à beaucoup de privation, j’investi beaucoup de temps et d’argent dans un projet d’e-commerce de mon savoir-faire et de mes outils de gestion pour TPE. C’est une solution pour me construire une retraite décente et, en même temps, permettre à de très jeunes entrepreneurs de s’initier à la gestion pour pérenniser leurs entreprises.

En conséquence, malgré mes 67 ans, je travaille 50 à 60 heures par semaine.

Au mois de juillet, j’ai demandé un découvert ponctuel de 1.000 € à ma conseillère pour mon entreprise qui diffusera dans quelque mois mes e-produits. Découvert qu’elle m’a accordé. N’ayant pas le temps de faire un rapprochement bancaire quotidien et votre outil Cyberplus ne le permettant pas, elle m’a prévenu par courriel au mois de juillet qu’un chèque se présentait et qu’il allait mettre mon compte légèrement au-delà du découvert de 1.000 €. Je l’en ai vivement remercié car en faisant cela elle a protégé mes intérêts en évitant d’éventuels commissions d’interventions supplémentaires.

Par contre ce n’a pas été le cas pour les frais mentionnés ci-dessus. Il n’y a donc pas eu intervention si ce n’est celle de décider en une demie seconde de me prêter mon propre argent, puisque, globalement, le cumul de mes trois comptes ont eu un solde positif pendant tout l’été.

J’estime que cet argent que vous m’avez pris est beaucoup plus le mien que le vôtre. L’argent est pour moi un moyen de faciliter les échanges. Il vous a fallu une poignée de secondes pour justifier de me prendre tout cet argent que je gagne moi-même dans l’effort, le courage et la persévérance. Je vous demande donc de bien vouloir re re-créditer des sommes prélevées.

J’appuie ma demande sur le premier article de la déclaration universelle des droits de l’homme : « Tous les êtres humains naissent égaux en droit et en dignité. Ils sont doués de conscience et de raison et doivent agir envers les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».

Il n’y a en effet aucune raison valable de gagner autant d’argent en si peu de temps car cela déprécie la monnaie qui, pour avoir de la valeur, doit représenter une activité économique réelle et non du vent.

Il n’y a aucune dignité et encore moins de fraternité à se gaver d’un argent gagné sans risque et confortablement sur le dos de gens qui bossent souvent jusqu’à deux fois plus que vous. (j’ai en effet connaissance de toutes les absences de ma chargée de clientèle) et qui n’ont donc que très peu de temps pour tenir un rapprochement bancaire quotidien et prévisionnel pour être certain que vous ne leur facturerez pas des prestations à plusieurs centaines d’euros à la minute. En effet il ne faut certainement pas plus d’une seconde pour décider de prêter à quelqu’un son propre argent. Une seconde à 8,75 euros cela fait du 525 € de l’heure. Sur la base de 35 heures par semaine cela fait 79 564 €/mois. Soit à peu près 6 fois le traitement du Président de la République.

Donc, par raison et par fraternité et pour que le fournisseur que vous êtes, retrouve un tant soit peu de dignité, je vous saurai gré de me rendre tout ou partie des sommes mentionnées ci-dessus.

Eric du Petit Thouars

 

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